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Témoignages

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Refus à l'assurance-emploi - Témoignage de Sonia


Comment on peut “tomber” sur l’aide sociale.

Dans le cadre de mon travail, il m’arrive de rencontrer des cas qui nous laissent sans mot.

Je suis coordonnatrice au Centre d’information communautaire de Saint-Hyacinthe depuis maintenant 10 ans. Une de nos activités est, par des entrevues individuelles au bureau ou par téléphone, de s’assurer que les prestataires des programmes d’aide sociale et de solidarité sociale aient tout les montants auxquels ils ont droit.

Il existe plusieurs raisons qui font qu’on “tombe” sur l’aide sociale. Une perte d’emploi, une séparation, une grossesse, la perte d’un-e conjoint-e, la maladie, etc...Bien des cas sont plus choquants les uns que les autres mais, je me souviendrai toujours d’un cas qui m’a particulièrement troublé.

Une dame dans la fin quarantaine communique avec nous pour s’assurer de bien comprendre son cas. Elle a travaillé dur toute sa vie avec un petit salaire sans avantages sociaux. Cette dame est une amateur de pêche. Avec les années et un rythme de vie modeste, elle a acquit des biens tels qu’une maison, une auto, un VTT, un bâteau, etc...

Tout à coup, sa santé se dégrade et l’empêche d’occuper son emploi. Un diagnostic de sclérose en plaque. Madame ayant épuisé tout les recours et toutes ses ressources possibles se retrouve à faire une demande pour avoir accès au programme de solidarité sociale. Elle reçoit la décision à sa demande: elle est admissible au programme mais compte-tenu de tout les biens qu’elle a acquit, son montant est amputés par des pénalités, il lui accorde un montant dérisoire de moins d’une cinquantaine de dollars et sa carte médicaments. De plus, elle doit signer une feuille comme quoi elle devra rembourser cette aide sociale si elle devient admissible à la rente d’invalidité du Québec.

C’est ce genre de cas qui nous laisse sans mot car la dame n’avait aucun recours. Son agent avait bel et bien appliquer la loi et les règlements du programme. Je ne peux que l’écouter me raconter les suggestions recommandées par son agent de vendre ses actifs (essayer de vendre un bâteau en hiver). Je l’invite en vain à communiquer avec les journaux locaux afin de sensibiliser la population. Elle refuse car elle n’a pas l’énergie nécessaire et elle est dépassée par ce qui lui arrive depuis les deux dernières années de sa vie. Qu’ajouteriez-vous à cette histoire?

Manon Blanchette, coordonnatrice


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Entrevue avec Jocelyn Proulx


Conception: Comité SOS Pauvreté. Montage: Ghislain Lemonde, Alexandra Gibeault et Pierre-Hugo Lemonde